Détestez - moi , en guise de m'as-tu vu .

Je veux que toute ma vie soit un hommage , un chef d'oeuvre, du sublime, de l'exceptionnel, de l'admiration, du splendide, de l'incontournable, des émotions à en crever, des mots, des actes, des changements, de la méchanceté, de la prétention, de la popularité à t'en faire dégueuler. Plus les jours passent, et plus je te déteste. Tu n'es qu'une garce de plus qui se tire sans rien dire et laisse ses putains de proches pleurant sur eux-mêmes, et cherchant un sens à la vie, cherchant un sens à leur vie. Et nous, qui pleuront. Nous, qui parce que la présence physique n'est plus là. Nous, qui parce que ta voix, ton écriture, tes sourires, tes crises, tes hurlements, ton odeur, ton humour, ton appartement, ton lit, ton sommeil, ton réveil, ta vie à peine commencée. Et nous, nous pleurons. Pleurer, parce que c'est ce qu'on est censé faire. Censés rater nos études, censés être traumatisés, censés devenir drogués, se prostituer, se vendre, se salir, se souiller, se détruire . Censés ne vivre que par toi. Censés ne plus vivre en réalité parce que tu n'es plus là. Humanité déconcertante, censée être en vie. Humanité dégoûtante. Malheurs qui n'ont pas lieux d'être. Plainte de victimes qui ne le sont pas. Et silence, de victimes qui le sont plus que tout. Foutaises !

Audrey, tu étais trop belle. Ta beauté, t'as foutu en l'air. Mon amour pour toi, m'as foutu en l'air. Et malgré tout, je ressent toujours ta présence envahissante. Et le meilleur, c'est que j'aime ça par dessus tout les bonheurs existants dans ce monde. Bonheurs superflus, bonheurs éphémère, semblants de bonheur, semblants de rire. Le vrai bonheur est là, où on ne l'attend pas. Dans la mort d'un proche, la disparition d'une soeur. Et l'humanité passe à côté. Je ne suis pas l'humanité. Et je ne passe pas à côté. Audrey, belle blonde, bouleversement de mon coeur. Je bouleverserai ta fierté comme tu as bouleversé ma vie. Et chaque minute, de cette vie sera une minute de plus passés à tes côtés, dans ta putain de voiture verte qui t'as tuée. Une minute de plus, où on chantera Tryo , où on cherchera le panneau Saragosse, alors que trois panneaux l'indique. Une minute de plus, où je me rendrai compte à quel point j'ai eu de la chance d'avoir eu une soeur comme toi. Une minute de plus d'admiration, d'amour incommensurable, et de vie.

Vastitude étouffante . Si tu l'enlèves à moi , par pitié ne m'enlèves jamais à elle .
Foutaises .





# Posté le vendredi 13 novembre 2009 14:38